Cleopatra Lorintiu: „Une histoire d’amour et ses protagonistes célèbres: «La maîtresse de Charles Baudelaire» de Michaël Prazan“

Le journaliste parisien Michaël Prazan retrace dans son roman l’histoire d’amour entre le poète et sa muse, Jeanne Duval. Amoureux de l’œuvre de Baudelaire,il et se sent très proche de la vie tumultueuse de l’auteur de « Fleurs du mal ».Professeur de littérature français au début, Prazan essaie offrir au public un plus d’émotion pour s’approcher d’une œuvre littéraire, « d’avoir une autre approche de la littérature, plus intime, moins glacée, plus humaine, proche de nous » comme il le déclare. La relation du poète avec Jeanne Duval l’a préoccupé dès sa jeunesse.

La muse de Baudelaire ( ainsi que la muse de Eminescu !) a fasciné longtemps le public.

Mais qui était Jeanne Duval ? La question intrigue encore.

Elle était très certainement Haïtienne mais on ne sait trop quand et dans quelles conditions elle est arrivée à Paris !

Elle portait au moins trois noms (Prosper, Lemer, Duval) et était, danseuse et comédienne, et aurait certainement voulu avoir la carrière de Lola Montes, la plus célèbre danseuse « mulâtresse », du XX e siècle. Mais la maladie et sa relation avec Baudelaire l’en ont empêchée d’y arriver une « star ». C’est assez surprenant que dans telles circonstances la relation entre les deux a dure presque vingt ans.

Pourquoi ? On dirait que Jeanne faisait rêver Baudelaire. Elle était une femme surprenante, à la recherche d’exotisme, avec sa peau exotique si incongrue dans le Paris du XIX siècle. Si la thèse plus connue c’est que Jeanne a contaminé le poète, le chemin du roman est totalement différant : la conviction de l’écrivain est que Baudelaire lui-même a contaminé Jeanne avec la maladie de syphilis, fatale à l’époque.

A la recherche d’un style convivial et animé Michaël Prazan imagine des épisodes plausibles, comme la scène de jalousie de Jeanne, énervée par l’amour du poète pour son chat !

Comme manière d’écriture , le narrateur a préféré de donner la parole à Charles ,car le poète maudit, l’auteur des » Fleurs du mal » a tellement écrit sur le sujet de leur amour.

Donc, une histoire d’amour célèbre, placée dans un monde parisien ou on buvait l’absinthe, très populaire à l’époque, et ou le hashis et l’opium faisait l’habitude des artistes. Dans une interview accordée à l’apparition du livre, l’auteur a déclaré que pour se documenter il a relu tout Baudelaire ainsi que la correspondance des amis proches comme Nadar, Prarond, etc. Tous parlent, de manière contradictoire de sa relation avec Jeanne. C’est évident qu’il a essayé penser à la manière du poète, chose qui nous semble difficile à nous, le public du XXI siècle mais pour Michel Prazan, ce fut un délice : « c’était la part la plus jouissive de l’écriture. Se projeter en témoin du siècle et ami des protagonistes de l’histoire qui recoupe celle avec un grand « h », adopter le vocabulaire et le style de l’époque, distiller des mots, les tournures, le rythme de certains vers baudelairiens étaient pour moi un vrai plaisir d’écriture. »

Est-ce que les biographies romancées sont toujours à la mode ? Oui, bien sur. Mais la différence spécifique entre les unes et les autres est, certainement, le tallent du narrateur.

CLEOPATRA LORINTIU

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