Cleopatra Lorintiu: „Nouveaux livres: les Français, les Américains“

Vieille histoire d’amour capricieux *

‘Alabama Song’, le dixième roman de Gilles Leroy a remporté le prix Goncourt. , cette année. Entre fiction et réalité, l’auteur s’est glissé dans la peau de Zelda, l’ épouse du célèbre écrivain Scott Fitzgerald.

Voilà comment un sujet « américain »  reste à la base d’un roman fascinant pour le public français.

L’auteur a un parcours plutôt banale : né en 1958, Gilles Leroy Gilles Leroy a  passé une DEUG de lettres et arts en 1977, suivi d’une licence puis d’une maîtrise de lettres modernes en  1979. Il  a achevé son cursus universitaire par un mémoire sur Henri Michaux. Après, il est devenu journalistede presse écrite et audiovisuelle durant quelques années.

En 1996, il  a quitté Paris  pour vivre à la campagne, dans le Perche, où il s’est consacré à l’écriture. Voilà, seulement loin du souffle de la grande ville , Leroy a pu écrire sur ça  ! Ses romans : Habibi (1987) ,  L’amant russe (2002) ,Grandir (2004) ; Champsecret (2005).

Intéressé par la littérature américaine, Gilles Leroy a  beaucoup voyagé. On observe maintenant que les auteurs plus cosmopolites ont du succès en France !

« Alabama Song » n’est pas une biographie mais un livre dont le sujet est placé entre la réalité et la fiction, inspiré des deux vies réelles : Scott Fitzgerald et son épouse.

L’auteur même prétend dans une interview, qu’il a peu  d’imagination ! … et à cause de ça,  il préfère s’en servir des choses qu’il connaît, des situations de vie, racontés par des autres.

La plus surprenante chose c’est que le roman est construit à la première personne. Leroy trouve la vie de Zelda  extraordinaire, alors il décide d’emprunter sa voix pour la raconter !

Ce n’est pas le premier auteur- homme qui s’en charge de parler comme un personnage féminin.

D’ailleurs il s’est confessé dans un interview : «C’est quelqu’un (Zelda Fitzgerald, n.n.) qui a vécu de façon très extrême jusqu’au bout, même sa façon de mourir : elle va brûler vive dans les flammes de son hôpital psychiatrique. Elle a une vie qui plonge dans la tragédie après avoir commencé comme une légende dorée. Parce qu’au départ la vie de Zelda est un conte de fées, et devient en quelques années une descente aux enfers. Cette vie-là, je ne pouvais pas la raconter à la troisième personne.  »

Traitée pour une schizophrénie qu’elle n’avait pas, Zelda était plutôt maniaque dépressive. Il semble que, entre temps les médecins on changé d’avis. En  tout  cas, son seul roman publié «Accordez –moi cette valse » a été écrit pendant qu’elle était internée,  au début des années 1930. Elle l’a écrit en trois semaines, dans une clinique, et c’est un roman très bien construit, loin d’être l’œuvre d’une cinglée.

« Accordez moi cette valse » est le récit d’une orageuse et tragique vie conjugale, dans le tourbillon des années folles de l’entre –deux – guerres.

C’est évident que Leroy aime son personnage  (devenue le narrateur )et que le livre est écrit avec beaucoup de passion. Sur une Zelda qui a enflammé nos âmes, par son intuition et son charme exotique, dans les années folles quand Fitzgerald  avait déjà publié son « The Great Gatsby  » et touts les deux se brûlèrent à la flamme de cette époque ,à laquelle leur amour s’attisa jusqu’à devenir un feu d’enfer.

Le livre s’appelle Alabama Song parce que Alabama est liée à Zelda : même dans son unique roman, Zelda a emprunté ce nom. Qui mène aussi à la chanson chantée par « Doors », après par David Bowie, mais sortie d’un opéra de Brecht. C’est la fille de Brecht qui a accepté de céder le titre après avoir lu le livre !  Sophie Lebeuf découvre cette histoiredans une excellente interview avec l’auteur.

Le couple Scott Fitzgerald – Zelda a incité toujours. L’auteur  essaie comprendre et décrire mais son ambition est toujours répondre a la question “Qu’est-ce qui nous attire vers quelqu’un ?”

Comme un autre roman , «  Les Bienveillantes» de Jonathan Little,lauréat du Prix Goncourt pour l’année 2006 , (éditions Gallimard),le roman de Gilles  Leroy confirme encore une fois  la fascination cachée du public français pour des sujets ou des auteurs qui évoquent l’Amérique.

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*‘Alabama Song’ de Gilles Leroy, éditions Mercure de France 2007

CLEOPATRA LORINTIU

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