Ion Pachia Tatomirescu: „Michel Benard – symphonie et alphabet du silence“

Dans l’espace lirique valaquophone, Michel Bénard est présent avec deux substantielles anthologies liriques Fragilité des signes / Fragilitatea semnelor (Timişoara, Editions Augusta, 2001; pages A-5: 336) et Alphabet du silence / Alfabetul tăcerii (préface par Adrian Dinu Rachieru; traductions: Manolita Dragomir-Filimonescu – Timişoara, Editions ArtPress & Augusta, 2007; pages A-5: 258).

Dans la préface Michel Bénard et le „double engagement“, prof. univ. dr. Adrian Dinu Rachieru souligne: «Celui qui a lu ou simplement feuilleté Fragilité de Signes, anthologie bilingue parue aux Editions Augusta (2001), […] s’est vite rendu compte qu’on se trouvait en présence d’une poète très importante. Mais Michel Bénard est en même temps poète et peintre. Ce „double engagement“ (poétique et pictural) s’exprime d’une manière exemplaire aussi dans l’Alphabet du silence, un beau livre, solide du point de vue axiologique, illustré par le poète lui-même. […] Prêt à sculpter „un talisman de lumière“ pour le convoité et promis Livre lapidaire, en s’assurant qu’il „n’existent pas des mots non poétiques“, Michel Bénard, un animateur fervent se dépense sans économie au nom de la poésie et de la peinture, se retrouvant dans le grand voyage intérieur. Il croit dans „les ailes de bronze de la poésie“, dans sa lumière purificatrice écoulée sur le monde. La palette du poète, en chassant ce „bleu d’éternité“ ou „les racines en cristal“ érige un temple lyrique fort viable. Et le présent recueil devient un livre définitionnel pour cet immense ouvrage.» (pp. 5 – 11).

Véritablement, „l’entier“ de la poésie de Michel Bénard (relevé par Fragilité des signes / Fragilitatea semnelor et par Alphabet du silence / Alfabetul tăcerii, les anthologies essentielles du poète français publiées dans la Roumanie)  met en relief le raffinement de la substance lirique; son ‘arc-en-ciel se montre entre la forêt des symboles paradisiaques-expressionnistes et les limites tragiques de l’ens dans le périmètre du paradoxisme bien-tempéré.

Et la lecture de cet „entier“ lyrique s’allie, naturellement, au cours des anées, avec „l’étalon“ de la réception et d’admiration du style-Bénard de la poésie: un territoire / espace lyrique où Michel Bénard entre «comme en religion» (Gaston Bourgeois); sa poésie est soutenue par „la luxuriance de l’imagination“, par l’authenticité etc.; c’est la poésie „d’un mystique“, «la poésie d’un peintre, d’une couleur bleue, qui me semble se rapprocher de ce bleu mystique, ce bleu d’au-delà» (André Henry); une poésie de la catharsie (catharsis) parce que «le sens de la beauté est toujours présent et c’est un plaisir de lire ces poèmes» (Jean Aubert); oui, ces poèmes sont «les fruits de sa quête mystique; né au pays des cathédrales, celle de Reims», Michel Bénard «a lu dans les grands livres de pierre où psalmodiant le vent confiait le nombre d’or de ses symphonies cosmiques» (Jean Marie Guillaume); la poésie de Michel Bénard est «une musique de la lumière…, aussi qu’une musique d’âme» – «les mots ici et les pensées elle mêmes, s’aiment musicalement dans la lumière ou lumineusement dans la musique…; le Poète nous parle, magnifiquement de la Femme, de l’Amour, de la Nature, de la Mort où de Dieu…» (Maurice Courant); Michel Bénard est «magicien de la forme et du verbe» (Jean Yves le Guen); «…les poèmes de Michel Bénard nous conduisent d’arcane en arcane jusqu’au mystère de l’Être», «la femme est-elle vécue à l’échelle cosmique avec ses rivages, ses fleuves, ses îles et ses silences interstellaires» (Gabrielle Clerc); évidemment, «la femme, confondue à un idéal de beauté, il la voit multiple musique» (Roland le Cordier) etc.

Mais, au-delà de cettes assertions, l’inébranlable croyance en Logos / Mot de Michel Bénard se profile, la croyance dans nos photons salvateurs au vue et au su de tot le Monde / Être, des photons créateurs du livre comme un marchepied de la pyramide de l’esprit universel, des photons créateurs des livres comme fondement de la connaissance: Le livre crucifié, / Le livre temple, / Le livre pierre, / Celui où l’homme s’éblouit / Dans l’encre de la mémoire. / Peisage source, / Terre racine, / Pierre d’écriture, / Où les murs  de chaux bleue / Soulignent le blanc des mausolées. / Le livre offrande, / Le livre sable, / Le livre écume, / Celui où l’homme s’éveille / Face aux grilles ouvertes / Sur les portes du désert. / Le livre signe, / Le livre symbôle, / Le livre divin.  

ION PACHIA TATOMIRESCU

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