~George Liviu Teleoaca: „Arguments pour soutenir la candidature de la langue roumaine au statut d’unique langue paneuropeenne“

Préoccupé par l’avenir de la communication au sein de l’Union Européenne, le sémioticien Umberto Eco a lancé de front, en italien, français, anglais, allemand, espagnol et, ensuite, en roumain, son traité intitulé A la recherche de la langue parfaite0, paru dans la collection « La Construction de l’Europe », collection dans laquelle le coordinateur, Jacques Le Goff, affirmait d’abord que : « Notre ambition est d’apporter des éléments de réponse aux grandes questions qui se trouvent devant ceux qui construisent ou qui vont construire l’Europe et, également devant ceux qui s’intéressent à l’Europe: Qui sommes-nous? D’où venons-nous? Où iront-nous? », après avoir considéré nécessaire de préciser qu’une Europe sans histoire serait orpheline et malheureuse.1

En s’associant à ceux qui essaient d’apporter une réponse à ce genre de questions, permettez-moi, s’il vous plaît, d’exprimer devant vous, la nécessité impérieuse d’adopter, au plus tôt possible, une seule et unique langue, au lieu de celles utilisées actuellement, considérées comme étant d’usage international, afin que la démocratisation et la libre circulation de l’information deviennent des réalités pour chaque citoyen de l’Union Européenne. En ce sens, les préoccupations sont beaucoup plus anciennes, et l’intérêt pour l’esperanto ainsi que le programme Interlingua, sponsorisé par la Grande-Bretagne, mettent en évidence l’option profondément logique d’utiliser, comme seul instrument de communication paneuropéenne, une seule langue phonétique. A cette option phonétique, difficile à réfuter, Umberto Eco parti, dès l’automne 1992, „Sur les traces de la langue parfaite dans la culture européenne”, dans son discours prononcé au Collège de France, en ajoute une autre, l’option que la forme actuelle se rapproche de celle qu’on peut nommer langue matricielle, facile à reconnaître d’après les vestiges encore préservés dans la grammaire universelle des langues. S’exprimant ainsi, par le cumul de ces deux options, il réclame, pour la communication paneuropéenne, la variante phonétique de la langue matricielle, unique de par son statut de matrice, mais également utile sous son aspect linguistique, de par ses compétences génératives.

Or, après 16 ans de recherches personnelles, il n’y a, pour nous, plus aucun doute : les toponymes roumains de proximité représentent une façon éloquente de conserver la grammaire universelle des langues, de sorte que la langue roumaine, reconnue en tant que langue phonétique, avec ses nombreuses structures pré-védiques, se trouve être la variante recherchée de la langue matricielle.

En dehors de quelques détails déjà réunis en ce sens, les spécialistes en linguistique ainsi que les non-spécialistes doivent retenir le fort contenu sacré attribué par la mythologie védique aux mots roumains « valac, valaca et dackşa » qui confèrent à la consistante sous-couche roumano-sanscrite, riche de 300 mots minimum, et implicitement à la langue roumaine, une nette antériorité pré-védique. Ce qui prouve l’importance du paramètre temps dans la linguistique, mais aussi la justification scientifique de la candidature de la langue roumaine au statut de langue unique de communication paneuropéenne.

Si les philologues du monde avaient pu prendre conscience du fait que seules les entités préexistantes et de grand prestige étaient vénérées et sacralisées, ils n’auraient pas hésité à attribuer l’ancienneté pré-védique aux lexèmes „valac, valaca, dackşa” et, par ailleurs, ils n’auraient pas manqué d’accorder à la langue roumaine l’importance et la position qu’on lui doit en tant que dépositaire, dans sa forme actuelle, à des faits linguistiques très anciens qui remontent à l’origine effective de la parole humaine articulée invoquée par Umberto Eco, dès 1992, pour choisir la langue unique de communication paneuropéenne. Et, pour confirmer, une fois de plus, l’importance matricielle de la langue roumaine, Martin Maiden de l’Université Cambridge, affirmait en 2003, sur la base d’une étude bien documentée que « je suis absolument persuadé qu’une linguistique romane, au sein de laquelle la langue roumaine ne se trouverait pas au premier plan, ne serait qu’une absurdité. Les caractéristiques structurelles de la langue roumaine permettent aux romanistes de comprendre avec une plus grande précision comment les langues romanes se présentaient dans leur phase archaïque. » A la conclusion du Professeur Martin Maiden, nous ajouterons la constatation faite par de nombreux chercheurs, que des éléments de la sous-couche roumaine prélatine se retrouvent dans beaucoup d’autres langues dites indo-européennes.

Mais pour une langue actuelle comme la langue roumaine, avec une ancienne aire de dissémination beaucoup plus large que celle existant de nos jours, sa grande ancienneté représente avant tout une preuve de grande stabilité dans le temps, une véritable preuve d’endurance. Et de surcroît, et ceci est essentiel, l’ancienneté pré-védique associe la langue roumaine à l’exhaustif système de métaphores qui a généré la parole humaine articulée et, de par la preuve de cette prépondérance métaphorique, la langue roumaine se trouve dans la situation de satisfaire aux quatre conditions posées par Dante Alighieri dans „De vulgari eloquentia” pour qu’elle devienne cette langue communautaire.

En vertu des critères posés par le grand florentin, la langue roumaine peut être considérée comme illustre, c’est à dire porteuse de lumière, car, parmi ceux qui la parlaient se trouvaient les dénommés Valac-Hilya dans le Rig-Veda, qui étaient désignés littéralement comme porteurs de lumière, semblables à la lumière solaire. Elle est aulique, comme l’avait si bien remarqué W. Hoffman en 1842, car, en parlant du peuple roumain, il avait consigné „Comme un complément, sa langue est si harmonieuse et riche qu’elle pourrait convenir au plus cultivé des peuples de la terre”2. Elle est cardinale, car nous mêmes avons été nommés „Cardines mundi”, et cette assertion, conformément au postulat formulé par Th. Mommsen3, se reflète dans la langue même. Et, elle est curiale, comme cela a été si bien constaté à la conclusion de la Paix de Versailles en 1919, quand aucun des participants aux négociations n’a rien eu à opposer aux dix volumes de sentences qui constituaient la grande collection réalisée par l’ingénieur Iuliu A. Zanne pour conserver également sous forme écrite les valeurs morales et éthiques de la langue roumaine.

Bien plus remarquable que toute autre langue sous l’aspect des conditionnements d’ordre principal, la langue roumaine manifeste d’autres vertus si nécessaires à une langue moderne de large diffusion. Ainsi :

1. A la différence des autres langues dites universelles, créées artificiellement, de type esperanto ou Interlingua, manquant de toute validation pratique, la validation de la langue roumaine bénéficie de son utilisation plurimillénaire confirmée et sur des régions étendues.

2. Avec un lexique complètement adapté aux besoins contemporains, la langue roumaine a le lexique le plus approprié, étant si proche du lexique de la langue latine qui a servit de langue de culture et de langue scientifique au sein de l’Europe jusqu’à l’âge moderne.

3.  La grammaire de la langue roumaine, de par sa complexité, sa finesse et sa précision (ses trois genres pour les sujets et son échelle des temps pour les verbes) permet une expression sans ambigüités, limpide et concrète, qui ne laisse pas de place à une interprétation contextuelle.

4. Comme preuve qu’elle pourra être adoptée aisément, beaucoup de mots, y compris de ceux appartenant aux  sous-couches dites prélatines, se retrouvent dans la plupart des langues parlées de nos jours en Europe.

5. La langue roumaine manifestera, par la suite, une résistance parfaite aux actions des tous les facteurs entropiques, grâce à la relation phonétique directe entre écriture et lecture, une relation qui maintiendra en permanence visible l’étalon de la prononciation.

6. Parce qu’elle est phonétique en proportion de 99,5%, l’écriture et la lecture de la langue roumaine s’apprennent facilement, comme d’ailleurs le reconnaissent tous ceux qui viennent en Roumanie.

7. Dans le cadre du bilinguisme destiné à achever l’unité dans la diversité, le caractère profondément phonétique de la langue roumaine et ses caractéristiques matricielles ménagerons, au plus haut degré, les langues actuelles de l’Europe.

8. La langue roumaine est isophonique, c’est-à-dire que le nombre total de consonnes dans un texte est égal au nombre de voyelles, ce qui dénote un rapport optimal entre l’énergie d’émission et l’acuité de la perception.

9. La langue roumaine est spécialement versatile, naturalisant aisément tout néologisme désignant un nouveau concept, partout où celui-ci apparaît dans le monde.

10. En tant que gardienne de la Tradition Primordiale, la langue roumaine répond aux critères fondamentaux de parrainage religieux à grande échelle, entre l’Océan Atlantique et l’Océan Indien et, pour cette raison, elle peut être nommée la langue de la Paix des peuples.

Enfin, j’aimerais montrer que l’accès de chaque citoyen de l’Europe Unie à la libre circulation et à la libre information ne peut pas être grevé de nombreuses difficultés spécifiques aux langues ayant une écriture étymologique, difficultés si difficiles à surmonter, même par une élite intellectuelle qui ne représente actuellement que de 3 à 10 % de la population.

GEORGE LIVIU TELEOACĂ

16.11.2008  27.10.2008

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