~„L’heritage de Mircea Eliade“ – Poussière mythologique . Une interview de Cléopatra Lorintiu avec l’Académicien Romulus Vulcanescu

Quelques détails sur cet extrait du dernier interview accordée par l’académicien Romulus Vulcanescu, ethnologue, anthropologue, historien des religions, l’auteur des livres « Mythologie roumaine », « Les masques populaires », « La colonne du ciel » :

J’ai connu l’académicien par l’intermède du professeur Tudor Opris, qui était à l’époque un proche du Maître Vulcanescu. Seulement 5 minutes ont été diffusées pendant sa vie, sur la Chaîne de la Télévision Roumaine. La plus grande partie de l’interview a été diffusé après sa mort.

Le tournage a eu lieu dans le bureau de l’académicien chez lui, dans un quartier tranquille de Bucarest en 1996. Il a fait des références à l’oeuvre de son fils disparu, le dessinateur et le poète Mihu Vulcanescu. L’académicien aimait les paradoxes, ses réponses étaient brèves et claires, il aimait se souvenir les grandes rencontres de la vie, ses voyages aux Etats Unis, sa correspondance avec Mircea Eliade.)

Monsieur le professeur, je crois que vous aimez parler de vos racines …

Ma famille a plusieurs branches; certaines proviennent de la région de Craiova, maintenant ils sont disséminés partout dans le monde.

Pour leurs rendre visite, on doit perdre presque une année !

Mais vous, vous étés restés ici, en Roumanie.

Oui, je n’ai jamais eu l’idée de quitter définitivement mon pays.

J’ai aimé voyager, connaître mais quand mes amis m’ont invité rester loin de mes terres j’ai refusé. Je ne peux pas vivre ailleurs.

Le souvenir des années passés dans les prisons n’a pas crée des ressentiments?

Non. Ils ont emprisonné tant des gens!

Ils m’ont emprisonné moi même. Je me suis dis: c’est ma destinée; je ne me suis pas plaint…

Vous parlez si sereinement de la destinée.

La destinée est de mourir ou tu es né. Pas parmi les étrangères ou personne ne te connais.

Quelle a été votre rapport avec le sacré?

Ma relation avec le sacré? Toute ma vie j’y pensé et j’ai écris sur le sacré. Je crois que cette rencontre entre l’ethnologie et la religion est fascinante!

Oui, toutes les religions se rencontrent à un moment donné, dans un certain point. Elles ont les mêmes bases!

Vous dites quelques part dans votre oeuvre que la direction d’investigation dans la mythologie roumaine pourraient être une synthèse entre les deux niveaux : celui mythologique, des Dacs et celui des Romains, ainsi que les influences mythiques de Gets

C’est vrai, leur union donne une autre chose qui se lie après avec le christianisme

Le paganisme et le christianisme s’influencent réciproquement.

La synthèse qui vous préoccupe maintenant est toujours dans le domaine de la mythologie ?

Mythologie et religion. Je veux faire la preuve de cette relation, parce que si tu lis les faites des Saints Elles sont des histoires, crédibles, pas crédibles, et en tout cas il y a une partie crédible et une partie d’invention de fiction.

Pour écrire ce nouveau livre vous avez étudié toutes les religions?

J’ai étudié, c’est vrai, toutes les religions. Seulement pour les peuples qui sont resté primitives il y a encore le coté mythologique. Quand il vont disparaître leurs mythologies vont aussi disparaître et c’est seulement les religions qui vont survire. C’est vrai que j’ai été préoccupé par les religions et leur point communes.

Est ce que vous croyez que à présent, nous les Roumaines on perds beaucoup des choses spécifiques, qu’on accepte trop facilement des choses venues d’ailleurs ?

Ça se passe partout dans le monde. Mais, en même temps je crois que l’avenir appartient aux personnes tolérantes.

J’aimerais retourner au sujet de votre jeunesse. Vous avez eu l’occasion de connaître le professeur Dimitrie Gusti, grand sociologue roumain.

Il était un excellent professeur, il prenait soin de ses étudiants, il leur parler d’une manière très chaleureuse. Un autre grand professeur a été Vasile Bancila. S’il n’était pas la guerre, on était loin maintenant avec nos recherches.

Est-ce que Vasile Parvan a été un de vos modèles intellectuels ?

Oui et non, en même temps. J’ai suivi aussi l’exemple de Dimitrie Gusti, et de Mircea Vulcanescu, d’ailleurs je suis son neveu. Et quand j’ai dit à l’époque stalinienne que je suis son neveu, j’ai été emprisonné. Mais j’en suis fière de ça !

Est ce que vous trouvez que l’oeuvre de Mircea Eliade est l’écho de cette fusion entre la religion cosmique et l’histoire?

Eliade est un grand écrivain a mon avis. Totalement original, tu peux interpréter ses recherches comme tu veux. ça le distingue des autres…

Vous l’avez connu quand?

Peu avant sa mort. Le fait qu’il a travaillé beaucoup aux Etats Unis c’est normal. Dans l’histoire, les nouveaux pays absorbent la culture des anciens pays.

(…) La culture populaire, traditionnelle est gardée par quelques fous comme moi. Mais je vais avec ma « folie » jusqu’au but.

Maintenant, quand vous contemplez votre vie et votre passion pour l’anthropologie et l’ethnologie, j’en suis certaine que chaque moment vous rappelle des souvenir.

Par exemple je sais que au moment de vos études, le livre de Lucian Blaga « Spatiu mioritic » vient de paraître. Est ce qu vous avez des souvenirs concernant ce moment?

Il faut savoir que j’ai beaucoup respecté Lucian Blaga! Il a su condenser d’un e manière merveilleuse sa philosophie! Moi, j’essaie maintenant condenser tout ce que j’ai écrit dans un seul livre, une quintessence !

(n.a)*. Le projet est resté inachevé à la cause de la mort de l’ académicien Romulus Vulcanescu ; le film a été diffusé à la télévision Roumaine sous le titre « Poussière mythologique » dans l’émission « Point de rencontre » de Cleopatra Lorintiu.

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